Soutenance de thèse – Maude TAGAND
Titre : Pourquoi certaines personnes sont-elles biaisées dans leur évaluation de complots ? Une mise à l’épreuve de la perspective du double processus
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Lieu : Salle Annie Génovèse
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Jury :
M. Dominique MULLER PR, Université Grenoble Alpes Direction de thèse
M. Olivier CORNEILLE PR, Université catholique de Louvain Rapporteur
M. Wim DE NEYS DR, CNRS Délégation Paris Centre Rapporteur
Mme Catherine BORTOLON PR, Université Grenoble Alpes Examinateur
M. Pascal WAGNER-EGGER MCF, Université de Fribourg Examinateur
M. Hugo MERCIER DR, CNRS Délégation Paris Centre Examinateur
Mme Cécile NURRA MCF, Université Grenoble Alpes CoDirection de thèse
M. Olivier KLEIN PR, Université Libre de Bruxelles CoDirection de thèse
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Résumé :
Ce travail de thèse vise à comprendre les dynamiques sous-tendant les jugements de véracité des théories du complot. Pour atteindre cet objectif, le travail est divisé en quatre parties : (1) une partie théorique, qui passe en revue la littérature pertinente et conduit à la formulation de la problématique de la thèse ; (2) une problématique générale et les questions de recherche spécifiques qui en découlent; (3) une partie empirique composée de trois articles ; et (4) une discussion générale, qui intègre les contributions théoriques et empiriques et propose des pistes pour de futures recherches. La partie théorique comprend quatre chapitres. Le chapitre 1 commence par définir la croyance aux théories du complot et se termine par la nomenclature adoptée tout au long de la thèse. Étant donné que les croyances en différentes théories du complot tendent à être corrélées, la littérature a proposé le concept de complotisme, qui a été développé à travers deux conceptualisations principales. Dans le chapitre 2, ces deux conceptualisations sont présentées, suivies de l’identification de deux limites majeures : l’attention limitée accordée aux individus qui ne croient pas aux théories du complot, et le manque d’intérêt pour les complots réelles ou fondées. Dans le chapitre 3, nous cherchons à identifier les processus cognitifs qui sous-tendent le complotiste et les croyances aux théories du complot en passant en revue les données empiriques reliant ces croyances aux biais cognitifs. Le chapitre 4 propose ensuite une interprétation théorique de ces résultats empiriques en mobilisant les modèles à double processus, montrant que les théories existantes produisent des prédictions peu claires concernant les réponses intuitives et délibératives. Ces observations conduisent à la question de recherche centrale de la thèse : quelles sont les dynamiques cognitives sous-tendant les jugements de véracité des théories du complot ? Pour répondre à cette question, nous distinguons trois sous-questions. La première répond aux limites identifiées au chapitre 2 concernant le complotisme : nous examinons comment les individus présentant différents niveaux de complotisme évaluent à la fois les théories du complot et les complots fondés, afin d’affiner notre compréhension de ce construit. Les deuxième et troisième sous-questions se concentrent plus directement sur le processus de jugement lui-même : la deuxième examine les réponses intuitives, tandis que la troisième se concentre sur les réponses délibératives en lien avec le complotisme Dans la partie empirique, chaque question de recherche est traitée dans un article distinct. Le chapitre 5 examine comment les individus évaluent à la fois les théories du complot et les complots fondés, avec une attention particulière sur les individus présentant un faible niveau de complotisme. Le chapitre 6 compare le modèle à double processus avec le modèle spinoziste pour mieux comprendre comment se forment les réponses intuitives face aux complots. Le chapitre 7 examine si les individus présentant un niveau de complotisme élevé sont plus enclins à justifier leurs croyances existantes et moins susceptibles d’accumuler des preuves incongruentes susceptibles de les amener à réviser ces croyances. Enfin, la dernière partie consiste en un seul chapitre, la Discussion Générale (chapitre 8). Ce chapitre résume et intègre les résultats empiriques. Il aborde ensuite la contribution de cette thèse à la littérature et propose des perspectives pour de futurs projets de recherche avant la conclusion.
