Séminaire – François Ric

Quand :
3 juin 2022 @ 10 h 00 min – 12 h 00 min
2022-06-03T10:00:00+02:00
2022-06-03T12:00:00+02:00
Où :
Salle Annie Génovèse (BDM)
Campus de Grenoble

Le lien évaluation-action : Vers une explication informationnelle de l’effet de compatibilité approche/évitement


Présenté par François Ric, Université de Bordeaux


Résumé de la présentation 

L’objectif de ces études était d’étudier les mécanismes sous-tendant le lien entre la perception de stimuli affectifs et l’activation de tendances d’approche/évitement (AE). La littérature suggère que la perception d’un stimulus positif entraîne l’initiation d’un comportement d’approche alors que la perception d’un stimulus négatif entraîne l’initiation d’un comportement d’évitement (i.e., effet de compatibilité AE ; Chen & Bargh, 1999 ; Rougier et al., 2018). Toutefois, les processus sous-tendant ces effets restent mal identifiés. Une première série d’études cherchait à tester si les tendances pouvaient être déclenchées de manière incidente par des stimuli sans rapport direct avec l’action effective (i.e., approcher/éviter un objet « neutre »). Deux études indiquent que ces effets de compatibilité AE peuvent être observés suite à l’exposition à des stimuli affectifs dégradés présentés auditivement et a priori sans pertinence pour les comportements mesurés. De plus, les résultats suggèrent que le lien entre la perception des stimuli et l’AE n’est pas direct, mais que l’information affective serait utilisée pour répondre aux exigences de la tâche. Plus précisément, pour rendre compte de ces résultats, nous avons proposé que la dimension évaluative des stimuli est utilisée pour répondre à la question que les individus ont en tête lorsqu’ils réalisent la tâche. Deux autres études testaient plus directement cette hypothèse et en exploraient les limites. Dans celle-ci, l’objet de l’information affective était manipulé via les consignes (« demandez-vous si vous devez approcher » vs. « demandez-vous si vous devez éviter ») et les stimuli affectifs étaient présentés à la fois visuellement et de manière clairement visible. Dans la première étude, les stimuli affectifs précédaient la présentation des cibles alors que dans la seconde l’activation de la dimension affective survenait au même moment que la présentation de la cible. Les résultats de ces deux dernières études sont conformes aux hypothèses et l’ensemble de ces études indiquent donc qu’une explication de l’effet de compatibilité AE en termes informationnels est plausible, du moins lorsque les stimuli affectifs sont sans pertinence pour le comportement mesuré (i.e., en absence d’activation de but d’évaluation).